Sigujana Esprit Clair

 

 

 

Le dernier chasseur du clan Bamaka s’écroula, harcelé par la masse furieuses des esclaves du Matriarcat. Malgré sa vaillance, il ne faisait pas le poids face à tant d’adversaires, même s’il en tua deux avant de succomber. L'inquisitrice regarda le mutant qui restait seul debout. 

Il paraissait être très vieux. Chauve et la peau sombre, il tenait un bâton, où étaient accroché toutes sortes d’objets hétéroclites. Il y avait même relié une sorte de tuyau à une boite accrochée devant lui. Un sourire carnassier révéla furtivement les dents jaune de la matriarche. Ce dégénéré devait être un de leur chaman qui, pour s’octroyer plus de pouvoir, paradait avec des ordures. 

En s'approchant elle fût surpris par son énorme lèvre inférieure. On aurait dit qu’il s’était greffé un bec de canard. Rapidement remise de sa surprise elle tendit le bras vers lui et aboya deux mots indistincts. Les trois esclaves survivants s’avancèrent et encerclèrent le vieil homme. La matriarche s’approcha prudemment, tenant son épée dégoutant de sang frais de la main droite et levant une rondache cabossée de sa main gauche. Cette erreur de la nature semblait trop calme...

- Pourquoi ne pas fuir vieillard ? cracha la matriarche au loin.

- Les esprits de la nature décident du sort de ses créatures, répondit-il d’une voie éraillée.

- Infidèle! Seul le Gardien décide! Cria-t-elle.

Elle agita la main en se passant la langue sur les lèvres et les trois esclaves s’approchèrent alors pour la curée. Mais le vieillard toucha la boite sur sa poitrine et une brume rouge sombre sortit aussitôt du bout de son bâton auquel il fit suivre un trajet circulaire. Les trois esclaves furent enveloppés de cette fumée et s’écroulèrent en s'agrippant la gorge.

Furieuse, la matriarche s’avança pour le frapper alors qu'il se dirigeait vers les cadavres de ses compagnons. Il lui fit face calmement. Elle leva son épée pour l'abattre sur ce vieillard qui venait de terrasser trois de ses plus solides esclaves, mais elle fût surprise par la vivacité de cet être étrange. Avant même que son épée ne retombe elle gisait par terre, proprement assommée par un coup de bâton.

- Les esprits de la nature ont décidé, souffla-il simplement.

Il sortit alors, des replis de sa tunique, un petit couteau incurvé. Après avoir énucléé les cadavres de ses compagnons il forma une petite pyramide avec leurs yeux. Il pria en silence puis répandit sur cet assemblage macabre une poudre qui prit doucement feu. Des fumeroles douceâtres s'élevait déjà dans le ciel quand il se releva :

- Que vos esprits rejoignent les forces du ciel et des eaux mes compagnons. Maintenant vous voyez! dit-il avec ferveur.

Puis il s'éloigna pour rejoindre la tribu. Une immense tristesse se lisait sur ses traits usés.